02 juin 2011
MOT DE SERGE
Il fait lourd dans mon cœur même s’il fait beau sur Paris.
J’ai dû conduire, Simone Marouani, ma complice de gala depuis plus de quarante ans, oui, l’accompagner sur la route des anges. Ce fût un être d’exception comme on en rencontre peu. Toujours au four et au moulin, une vraie femme vaillante et courageuse, dont la gente féminine peut être fière.
Elle restera dans ma carrière et jusqu’au bout de ma propre vie, la deuxième femme, avec Michèle, qui m’aura accouché de moi-même.
Pensez à elle, merci fidèles amis de partager notre chagrin, en particulier celui de Jojo, son mari, son compagnon, si seul dans sa solitude, si vide dans son vide, courbé sur les prières de sa croyance et sous le poids de sa douleur. Que le grand Jahvé de lumière l’accueille en sa Jérusalem.
Ton Serge
11:42 Publié dans 2- SIMONE MAROUANI - LES ANCIENS MUSICIENS | Commentaires (1) | Lien permanent
21 février 2007
LES MUSICIENS : de 1974 à 1989
COMME BEAUCOUP D'ENTRES NOUS, SES ANCIENS MUSICIENS MANQUENT...
VOICI LE 1er QUI NOUS MANQUE ENCORE D'AVANTAGE...
Sans prendre la peine de terminer sa 3ème ni de passer le brevet, Claude trouve son premier emploi en tant que garçon de café à Paris. Un jour, son patron le retrouve planqué dans les toilettes, recopiant une partition de Bach. Le courroux de cet homme de bon sens est décisif : "Claude, c'est avec plaisir que je vais te virer. Tu es musicien, bon sang, pas garçon de café ! Fais ce que tu aimes faire, mais fais-le à fond !"

Alors, avec ses maigres économies et ses deux mois de salaires du bistrot, Claude s'achète sa première guitare. Une Paul Beucher acoustique avec un pan coupé, si mal réglée qu'il est impossible de faire des barrés avant la troisième case. Néanmoins, c'est sur cette pelle qu'il repique les premiers Shadows.
Un matin, ses parents ayant cafté aux environs que leur fils "voulait devenir musicien" (oui, mais comme vrai métier, il veut faire quoi ?), un voisin passe voir le jeune autodidacte. En prenant, l'instrument, le vieil homme fait remarquer à Claude que sa guitare n'est pas accordée correctement : mi la ré sol do fa#, ça ne fonctionne pas. A nouveau, Claude semble se décourager mais trouve la force de se remettre au travail, aidé de sa seule oreille et de quelques livres de théorie musicale : un livre d'accords, un traité d'orchestration et un bouquin de solfège on ne peut plus rébarbatif.
Puis, à 16 ans, Claude publie une annonce dans un journal. Il en résultera trois contacts qui demeureront les plus importants de sa vie. Parmis eux, Christian Hirtz avec lequel il forme son premier groupe : "Les Diaboliques" nom inspiré du film de Henri-Georges Clouzot et du roman de Boileau et Narcejac. Christian et Claude, les deux guitaristes et un batteur (le groupe n'aura jamais de bassiste) découvrent les plaisirs de la scène.
En 1967, Claude rencontre le manager de Jacques Dutronc avec lequel il fait des séances studio mémorables. Dutronc arrive chaque fois avec plusieurs heures de retard, rarement frais et pioche au hasard dans le tas de textes écrits par Lanzmann... toutes les chansons sont composées dans l'instant. Parmis elles : "on nous cache tout, on nous dit rien" où Claude enregistre son premier riff à la six cordes électrique. Au bout de plusieurs mois, la maison de disque fait cesser les séances, faute de budget !
Autre précieux ami de Claude, Bernard Liamis, fréquente régulièrement un autre Claude... chez les disques Flèche ! Fin 1967, Christian Hirtz et Claude Perraudin se présentent à l'audition chez Claude François et la candidature de Claude Perraudin est retenue. Réputé pour son exigeance, Claude François est impressionné par sa détermination, ses talents de musicien, de compositeur et de chef d'orchestre. D'ailleurs, Claude Perraudin est le musicien qui bat le record de durée auprès de Claude François : sept années très denses!
Claude enregistre à la guitare et accompagne sur scène les plus belles chansons de Claude François ("comme d'habitude", "Eloïse", "le téléphone pleure", "c’est la même chanson", "monsieur le businessman"). C'est là qu'il rencontre un bassiste exceptionnel qui devient son meilleur ami : Manfred Long.
Dans le même temps, Claude Perraudin multiplie les séances studio à la guitare et au sitar indien, instrument dont il est, à cette époque, un des seuls français, à savoir jouer. Ainsi, il est appelé un jour pour faire "bouing bouing" sur un playback. Après la séance, Claude demande : "ça sonne bien cette chanson, c'est pour qui ?" et l'ingénieur du son répond : "c'est la dernière chanson que Monsieur Gainsbourg a écrit pour Bardot. Mais j'ai oublié le titre, ça raconte une histoire de Harley Davidson..."
A partir de 1971, Claude compose des kilomètres de musique pour la télévision. C'est une époque qu'il qualifie d'"héroïque" où les petits moyens visaient l'optimum : deux micros dans deux annuaires pour faire la caisse claire et la grosse caisse ("et certaines pages sonnaient mieux que d'autres" selon Claude), des feuilles de papier journal froissées en rythme et les petites cuillères pour les castagnettes. Une dixaine d'albums de compositions instrumentales résultent de ce travail ; le titre le plus connu reste "SCOOP"
générique du journal télévisé de TF1 présenté par Yves Mourouzi.
En 1972, Claude Perraudin s'occupe des arrangements du deux titres "Albert Montias chante Gotlib".
Marié depuis trois ans à Claudie Clo (qui prendra différents pseudonymes par la suite : Claudie Perrault, Murmel), chanteuse, auteur et compositeur, ils forment un couple musical excentrique et prolifique ; plusieurs projets verront le jour : le 2 titres de Claudie "Là où le vent", le 2 titres des "Perraudins", le 2 titres d'Alain Turban "Si et Saint-Martin sur Chien" et plusieurs 2 titres de Robert Miras sur lesquels Claudie signera la musique et Claude dirigera un grand orchestre.
En 1973, Claude prend la direction artistique et co-signe un titre sur l'album "A bout portant" de son ami Pierre Tisserand. Dans la double page, on peut voir Claude armé d'une guitare 12 cordes et Claudie qui... se cache sous ses cheveux !

En 1975, Claude Perraudin rejoint l’équipe de tournée de Serge Lama et devient son guitariste de scène jusqu’à la dernière représentation de Napoléon en 1989. Il cosignera trois chansons avec Serge Lama : "Je ne me sens vrai que sur la scène", "La musique et l’amour" et "un tempo d’autorail".
Fin 1977, après s'être installés à Villiers sur Marne, le couple des Perraudin travaille sur le nouveau projet perso de Claude. Il s'agit de Mutation 24, un album instrumental, electro et expérimental où Claude joue de tout (guitares, bien sûr, mais aussi basse, claviers, batterie, percussions), produit et compose tout en 24 jours. Claudie lui donne des conseils artistiques et enregistre plusieurs pistes de voix envoûtantes sous le pseudonyme de Murmel. Si le disque n'a pas eu à l'époque le succès escompté, il est très recherché ces dernières années et se trouve parfois à prix d'or sur des sites internets américains branchés tantrisme voir satanisme... qui l'eut cru ?
En 1982, le mariage est brisé et chacun poursuit son chemin. Claude continue ses tournées auprès de Serge Lama et Claudie laisse les compositions et la chanson pour se consacrer à son rôle de mère.
Claude est contraint d'abandonner la scène en 1989 et se consacre principalement à la réalisation d'albums studios. Ses collaborations sont nombreuses et souvent passionnantes : il travaille avec la chanteuse franco-brésilienne Maria D'Apparecida, le meneur de foules Max Zola, la grande Corinne Milian, le pianiste surdoué Sylvain Durand, la chanteuse Anne Vanderlove, le concertiste André Gorog, la magistrale Carole Frédéricks , l'autre pianiste surdoué Roger Pouly, l'acteur Michel Lonsdale...


En 1971, il rentre à Paris (vivant !) et envisage d'apprendre sérieusement la contrebasse à la Schola Cantorum mais une nouvelle opportunité le conduit à Abidjan où il jouera 18 mois.
En 1973, il est de nouveau à Paris. Il joue à La Huchette avec Dany Doriz, Bill Coleman, avec Benny Waters à la Cigale, remplace Michel Gaudry au Don Camillo.


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